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La défaite de l'Europe

60% d'abstentions...Et on voudrait nous faire croire que la cause européenne est entendue chez nous comme allant de soi. On voudrait nous faire croire que l'UMP est victorieuse. Que l'idée d'une Europe de plus en plus fédérale fait son chemin dans les esprits français. Il n'en est rien !

Quelles leçons tirer du scrutin d'hier ?

D'abord que les Français ne reconnaissent pas au Parlement européen, aux institutions européennes, en général, une quelconque légitimité. Après avoir voté "non" à une large majorité lors du référendum portant sur l'adoption d'une Constitution européenne il y a 4 ans, le peuple français dit toujours "non" au chemin qu'on le force à prendre vers une Europe fédérale qui nie les identités nationales et s'éloigne des préoccupations quotidiennes des citoyens. Et pourtant, nos politiques, en majeure partie, font fi de ses aspirations. Après le "non" du référendum, Nicolas SARKOZY a fait adopter par les parlementaires le traité de Lisbonne en insultant ainsi tous ceux qui avaient voté "non". Après les résultats d'hier, qu'entend-on ? Que les deux partis "victorieux" sont ceux qui ont mis l'Europe en avant : l'UMP et Europe Ecologie. Mais c'est faux ! Ces partis n'ont recueilli que 45% des suffrages sur 40% de votants ! Les Français, en majorité, ne veulent pas de cette europe qui se dessine, mais les politiques au pouvoir se fichent du tiers comme du quart des aspirations du peuple. Le destin de cette europe porte en lui les germes d'une révolution des peuples.

Ensuite, que le parti socialiste n'est plus crédible. Débordé sur sa gauche et sur sa droite par le Front de Gauche, le NPA et le MODEM, contesté sur le volet écologique et citoyen par Europe Ecologie, tirailé en interne par des querelles de personnes qui n'en finissent pas, le PS est mort. Je lui proposerais bien de changer de nom ; je lui conseillerais bien aussi de choisir entre sa gauche et sa droite ; enfin, je lui dirais bien de remettre de l'idéologie dans son discours. Mais je ne suis pas socialiste et cela ne me regarde pas forcément....sauf que toute démocratie qui se respecte doit avoir une force d'opposition stable et crédible. Ce n'est pas le cas.

Enfin, que le FN n'est pas mort et que l'extrême gauche est bien vivante. Entre le FN, De Villiers, le NPA et le Front de Gauche, on parvient à plus de 25% des voix qui se sont portées sur des partis en marge. Ce n'est pas négligeable et cela comptera pour les présidentielles à venir où un nouveau 21 avril n'est pas forcément à exclure alors que beaucoup pensaient - et pensent encore - cela totalement impossible.

Le vrai clivage aujourd'hui ne se situe plus forcément sur les convictions économiques. Hormis quelques illuminés, on ne peut aller contre l'économie de marché. Et hormis quelques fous, cette économie doit être régulée. Le clivage ne porte plus sur la lutte des classes. Et on peut le regretter d'ailleurs. Non : le clivage, c'est l'Europe. Que veut-on faire de cette Europe que nos anciens ont commencé à bâtir pour un seul objectif : la paix. Demain, elle nous prépare des tensions importantes si on l'impose aux peuples qui n'en veulent pas sous cette forme là. L'Europe n'existe pas en soi. Elle est une construction artificielle. Elle n'est même pas un espace géographique déterminé.

Les 60% d'électeurs qui n'ont pas souhaité voter hier nous ont rappelé cette évidence : les Français ne reconnaissent pas cette Europe qu'on leur vend à longueur de discours politiques. Aux politiques d'entendre enfin ce message
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# Posté le lundi 08 juin 2009 13:33

Modifié le mardi 09 juin 2009 09:41

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