Bien que n'appartenant pas à cette famille politique, je reste très attentif à ce qui se trame au sein du Parti Socialiste parce que rien ne serait plus terrible pour l'avenir de notre Démocratie qu'une opposition réduite à l'état de cendres. Pour bien fonctionner, elle a besoin d'un pouvoir et d'une opposition forts Celle-ci doit jouer un vrai rôle dans le débat politique, faire part de ses idées, de ses orientations, critiquer en proposant des alternatives.
Or, aujourd'hui, et depuis longtemps, le PS est le lieu de toutes les rivalités de personnes sans que celles-ci n'osent enfreindre la loi traditionnelle de la gauche : pas de leader, mais des idées. Cependant, force est de constater que n'émergent ni le premier ni les secondes.
De courants de pensée en pensée unique, de motions en synthèse et de congrès en défaites électorales, le Parti Socialiste vit une relation difficile avec les Français qui lui accordent une confiance réelle dans les enjeux locaux en lui déniant le droit de conduire aux destinées du pays sauf le cas exceptionnel de la victoires aux législatives de 1997, due à une stratégie politique hallucinante de la majorité alors en place et du Président Chirac en première ligne.
La seule autre fois, ces 50 dernières années (début de la Vè République), où le Parti socialiste est parvenu au sommet de l'Etat, il le doit non à des idées, ou à une espérance, mais à un homme qui incarnait ces idées et cette espérance. C'était en 1981 et cet homme portait le nom de François Mitterand qui réussit à se faire réélire, là aussi, uniquement sur sa personnalité, en 1988.
Aujourd'hui, tous crient au rassemblement autour des idées. Mais outre que les idées du PS ne ressemblent à rien de plus aujourd'hui qu'à des imprécations dénuées de vision, personne ne semble en mesure d'incarner une quelconque espérance...pas même un espoir !
De Martine Aubry à Bertrand Delanoë, en passant par Laurent Fabius ou François Hollande, sans oublier Julien dray ou encore Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg, tous ne jurent que par le collectif et n'assument pas le rôle de leader. Aucun ne se pose en chef, en patron, en guide. Aucun n'en a l'étoffe, aucun ne se risque à ce jeu-là.
Seule Ségolène Royal le joue, ce jeu. Mais après avoir clamé qu'elle avait trompé les Français sur son programme de 2007 (elle a affirmé qu'elle défendait ce programme mais n'y croyait pas...), elle rêve à présent d'un destin de messie au féminin, une sorte de Jeanne D'arc moderne...Elle n'est plus crédible et a fait son temps médiatique après avoir, l'espace d'une campagne présidentielle, intrigué (amusé ?) les journalistes.
Il est là le problème du parti Socialiste qui refuse de se payer un vrai leader alors que les Français ont toujours cette perception du Chef de l'Etat comme étant le Représentant de la Nation, digne héritier des rois de France et, surtout, de Napoléon Bonaparte. L'origine même du socialisme interdit ce qui serait vécu comme une compromission mais qui, pourtant, serait la seule manière de faire de nouveau entendre la voix du PS, comme avait su le faire François Mitterand à l'époque. Cela avait pris du temps (première candidature à l'élection présidentielle en 1965, nouvelle défaite en 1974 et enfin, le sacre, en 1981), mais c'est en devenant le vrai leader du PS que Mitterand parvint au pouvoir et entraîna les socialistes dans son sillage.
A droite, ce choix a toujours été clairement défini et le leader est désigné comme celui qui devra incarner la France et les Français. Ensuite, il faut que la personnailité colle : un Chirac passera toujours mieux qu'un Balladur même si le second énonce des vérités encore vérifiables aujourd'hui quand le premier se contente de faire appel au "bon sens près de chez vous".
François Bayrou a compris cette attente des Français. A gauche, aujourd'hui, un Besancenot paraît le plus à même de jouer ce rôle malgré un discours qui fait peur et bien relayé par les organes de presse proches du pouvoir qui se contenterait bien d'avoir un Besancenot à 15% à la prochaine présidentielle.
Voilà le défi que doit relever le PS dans les mois à venir : se choisir un vrai leader qui se présente devant les Français comme l'incarnation de leur espérance...et tant pis pour les idées, de toute manière, ils n'en ont plus depuis longtemps.