Bolt et Re-Bolt

Et voilà une nouvelle victoire et un nouveau record du monde dans la musette du Jamaicain. Après le 100m et ce record hallucinant de 9"58, il vient de faire tomber son propre record en avalant 200 mètres en 19"19.

Au-delà de la performance exceptionnelle (tous les superlatifs sont autorisés), je souhaitais faire part de deux observations, ou plutôt d'une remarque et d'une interrogation.

Ma remarque vient de ce que je lis ou entend depuis même l'année dernière et les JO de Pékin. L'attitude de Bolt avant la course est souvent décriée. D'aucuns y voient de l'arrogance, du mépris pour ses adversaires ou encore un moyen de déstabiliser ceux-ci. Moi, j'y vois du show J'y vois un grand gamin, heureux de pratiquer son sport, heureux d'être un grand champion et heureux de donner du plaisir à ses supporters et plus généralement aux (télé)spectateurs. Je préfère mille fois cette attitude à celle des sprinteurs américains d'une certaine époque, dont les regards de tueur embrasaient la piste et les gradins.

Mon interrogation n'a rien d'originale et tout le monde l'a dans un coin de sa tête : jusqu'où Bolt et ses successeurs pourront-ils aller ? Il n'y a pas si longtemps, personne n'imaginait un record du 100m en moins de 9"6. Aujourd'hui, on parle de descendre bientôt sous les 9"5 ! Idem pour le 200m. Le vieux record de Johnson paraissait inaccessible...et pourtant....

C'est en 1968 que la barre des 10" a été franchie sur 100m et celle des 20" sur 200m.
En 2009, Bolt a encore fait reculer les limites.
En quelle année l'homme passera sous les 9" et sous les 19" sur ces deux distances ?

En attendant, et pour conclure, je ne veux pas entendre parler de dopage ! Qu'on ne vienne pas jeter le discrédit sur un athlète qui, jusqu'à preuve du contraire, est propre. Si un jour, malheureusement, cela devait être avéré, alors, évidemment, mon jugement évoluera. Mais, ce soir, je savoure !

# Posté le jeudi 20 août 2009 15:00

A un commentateur anonyme

Il est bien de se faire connaître quand on laisse certains commentaires. Cela pourrait, à la limite, donner davantage de crédit à ce qui est écrit. La personne visée se reconnaîtra forcément. Dans l'attente d'en savoir plus. Cordialement.
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# Posté le mercredi 19 août 2009 17:53

Des étoiles et des questions

Quand on regarde le ciel, loin des lumières de la ville, des milliers d'étoiles apparaissent clairement sous nos yeux. La netteté de cette vision contraste avec celle dont on a pris l'habitude et qui ne nous permet pas de jouir du spectacle exceptionnel que nous offrent ces astres quand on prend la peine de les scruter attentivement.

De tout temps, je pense que l'homme a été fasciné par cette perspective, avant même de comprendre quelle était sa place dans cet univers dont il a longtemps cru être le centre.

Ce n'est que récemment que nous avons acquis certaines connaissances nous permettant de savoir, par exemple, que l'étoile que nous fixons du regard est peut-être éteinte depuis des millions d'années alors qu'elle semble briller de tout son éclat. Tout cela est dû au temps mis par sa lumière pour nous parvenir. A raison de 300.000km par seconde, la lumière bat tous les records de vitesse connus. Mais au regard des distances incommensurables qui nous séparent de ces étoiles, cette vitesse folle est finalement assez faible.

Ces étoiles sont le reflet du passé de l'univers. Nous les voyons comme elles étaient. Ainsi, l'étoile la plus proche de nous, Alpha du Centaure, située à 4,3 années-lumière, nous apparaît telle qu'elle était il y un peu plus de 4 ans.

Les télescopes géants et les télescopes spatiaux rendent encore mieux compte de ce passé. En allant capter la lumière de contrées lointaines de plusieurs milliards d'années-lumière, ils nous permettent de remonter le temps, petit à petit, jusqu'au commencement peut-être....à 13,7 milliards d'années-lumière puisque l'univers est âgé, aux derniers calculs, de 13,7 milliards d'années.

Voir le début du tout est une quête insatiable : la matière et le temps, unis dans un même commencement. Puisqu'il n'y a de temps que depuis ce commencement.

Nos scientifiques parviendront-ils un jour à voir le Big Bang ? D'ailleurs, y a-t-il quelque chose à voir ? Saura-t-on expliquer ce qui s'est produit et ce qui a donné naissance à l'univers ? Pourra-t-on se faire une idée plus précise de cette singularité dont nous sommes issus ?

Mais plus important et plus crucial sans aucun doute : si un jour, nous voyions enfin, est-ce pour autant que nous comprendrions ? Plus clairement, comme pour toute chose, le plus important n'est pas de savoir « comment », mais de savoir « pourquoi ».

# Posté le mardi 18 août 2009 08:08

Ca s'en va et ça revient .....

La décision avait été prise et annoncée sur ce blog : je quittais le FC Mougins. C'était il y a quelques semaines. Et puis, j'ai décidé d'arrêter de jouer la star qui se fait désirer alors j'ai finalement replongé. Comment résister à la cour assidue de tant de personnes que j'apprécie beaucoup et qui m'ont montré de telles marques d'affection depuis un an ? David y aura été pour beaucoup. Bien d'autres m'ont également fait savoir que ça leur ferait plaisir de me voir rester sous les couleurs mouginoises. Me voilà donc une saison de plus en jaune et bleu. Avec les U19 Pré-Excellence. L'équipe II de la catégorie.

J'avais écrit le 20 mai dernier que je ne me voyais pas entraîner cette équipe. C'est vrai que j'imaginais mal prendre une équipe II en Pré-Excellence. Depuis la saison 95/96 je n'avais plus entraîné que des équipe "première".

Avoir une équipe première demande bien des qualités mais c'est "facile" à gérer : on a son groupe, on le construit comme on le souhaite, on choisit les 14 joueurs pour le match et on redescend les autres à l'éducateur de l'équipe réserve.

Être à la tête d'une réserve cela demande d'autres qualités indispensables : admettre le fait que son équipe n'est pas prioritaire, que des joueurs ne s'entraînant jamais avec l'équipe vont être titulaires le dimanche, qu'il faut attendre le dernier moment pour savoir qui va 'descendre" de la "une" .... J'ai eu peur de cette galère.

Et puis, finalement, malgré une hésitation de dernière minute ces quelques jours, je me suis dit qu'avant ces aspects-là, je devais être reconnaissant envers ce club et ces dirigeants qui m'ont admis comme un des leurs immédiatement, dépassant les a priori qu'ils auraient pu avoir sur moi.

Ce soir j'ai pris beaucoup de plaisir à diriger la séance aux côtés de David. Les joueurs ont été d'un sérieux admirable malgré la bonne dose de travail athlétique qu'on leur a demandé de fournir. J'espère simplement que les joueurs dont je disposerai en équipe II auront ce même état d'esprit et sauront rechercher le plaisir du jeu, de la progression et de la victoire. Et j'espère surtout être à la hauteur et leur apporter quelque chose.

En tant qu'éducateur d'équipe I, j'ai eu affaire à de nombreux éducateurs d'équipe II dans ma catégorie. J'en ai connu beaucoup. Pour être honnête, j'ai connu des mauvais, des bons, des sérieux, des guignols...de tout ! Mais j'ai connu surtout, beaucoup d'éducateurs qui travaillaient "pour leur gueule". Seuls dans leur coin. Avec "leurs" joueurs. N'admettant pas que les meilleurs d'entre eux puissent avoir leur chance en équipe première. Ces gars-là sont pitoyables et n'ont rien compris. En fait, si je dois prendre exemple sur le meilleur éducateur d'équipe II avec qui j'ai travaillé - et je n'écris pas ça parce qu'il est devenu un ami au fil du temps - c'est Rémi BOY. Quel régal de travailler avec lui durant la saison 2007/2008 à Saint-Laurent !

Alors voilà, si je peux faire aussi bien j'en serai ravi. Si je peux aider David au mieux, ce sera parfait. Si les joueurs prennent du plaisir sous ma direction, ce sera réussi.

Vivement que tout le monde soit sur le pont, que les joueurs soient tous présents et que le championnat commence.

J'ai faim de foot et cela faisait bien trois mois que cette envie avait disparu...depuis un funeste match à Cannes.

C'est reparti :)

# Posté le vendredi 14 août 2009 22:38

Trop de liberté tue la liberté

Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants ;
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles ;
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter ;
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux l'autorité de personne ;
Alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie


Ces paroles si sages et si vraies pourraient être celles d'un homme politique de notre temps. De gauche ou de droite. Peu importe. Surtout aujourd'hui. Elles pourraient tout aussi bien être celles d'un « intellectuel », ce type de personnage que l'on croise à chaque émission télévisée et qui se croit autorisé à délivrer sa vérité sans douter un seul instant de l'exactitude de celle-ci.

Mais non. Ces paroles – ces écrits – sont ceux d'un illustre philosophe et datent d'environ 2400 ans. Connu pour être le père de la philosophie occidentale et pour avoir posé les bases de la philosophie politique et morale, Platon – c'est de lui qu'il s'agit – relatait ainsi un dialogue de Socrate expliquant comment le désir absolu de liberté pouvait se matérialiser en une forme dégénérée de la démocratie.

24 siècles plus tard, à l'heure de l'individu roi, à l'heure où chacun s'accorde à penser que sa liberté individuelle est l'étalon d'une saine démocratie, il peut être important de rappeler que ces deux notions – liberté et démocratie – ne sont pas synonymes.

La complaisance et la lâcheté mènent trop souvent ceux qui devraient faire respecter les règles à l'abandon de leurs prérogatives. L'autorité n'est plus et ce sont alors les bases mêmes de notre société qui vacillent. Les relations entre individus, au sein d'une famille, d'un groupe, d'une communauté, ne peuvent être conditionnées autrement que par le respect du à chacun d'entre eux, en référence à une hiérarchie naturellement établie ou socialement acceptée.

Dans tous les domaines de la société, cela se vérifie. Après l'abandon des parents qui ne savent plus comment inculquer à leurs enfants les fondements d'une bonne éducation, c'est l'école qui a fait naufrage. Et il ne faut pas compter sur l'Etat pour tenter de la sauver de la noyade. Aucun gilet de sauvetage n'est prévu. Mesdames et Messieurs les professeurs, veuillez couler en silence ! Je suis le premier à réagir contre les excès de privilèges accordés à cette caste privilégiée que forment les professeurs dans leur ensemble (là normalement, je devrais passer pour un bon vieux réactionnaire) ; mais je ne comprendrai jamais qu'on laisse certains d'entre eux aller au feu, seuls et désemparés, face aux hordes sauvages qui font régner la terreur dans certains établissements.

Après les parents et l'école, c'est l'armée qui a renoncé. Merci Monsieur Chirac ! Quelle erreur que d'avoir supprimé le service national pour tous. Un creuset essentiel de la citoyenneté a été ainsi effacé et tout le monde trouve ça normal. Je crois au contraire que passer 10 à 12 mois dans une caserne à devoir respecter leurs supérieurs et des règles de vie commune strictes ferait le plus grand bien à certains « jeunes de banlieue ».

A force d'abandonner son rôle essentiel qui est de cimenter les liens parfois ténus entre les citoyens pour qu'ils se sentent appartenir à une seule et même communauté, l'Etat s'est fourvoyé. Il a laissé se développer le sentiment que l'individu est plus important que la société.

Qu'un individu Lambda soit mû par des pulsions naturelles le poussant à revendiquer toujours plus de liberté individuelle, soit. Il est dans l'ordre de la nature que les intérêts individuels priment. A défaut, ils seront mis de côté si l'intérêt supérieur du groupe étant menacé, c'est l'individu qui l'est au final. Dès lors, l'individu jouera le jeu du groupe avec l'optique d'en sortir personnellement gagnant.

Mais que l'Etat ne mette pas tout en œuvre pour que la communauté des citoyens que doivent former ces individus ait une réalité tangible, c'est criminel.

Comme le rapporte Platon dans « La République », ces maux ne sont pas exclusivement ceux de notre époque. Cela ne doit pas nous dispenser d'une vraie et profonde réflexion sur la question de l'autorité et sur les risques qu'engendre inévitablement son absence.

# Posté le mercredi 12 août 2009 12:56